2 mai 2020

Le caillou [poème]

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Immobile et gisant sur un lit de semblables
Un caillou anonyme attirait mon regard.
Sa robe grise était fendue d’un agréable
Fleuve de nacre étincelant, presque criard.

Ce cadavre de lave avalait les saisons,
Se jouait des complaintes, des étreintes, des passions
Des hommes qui jonglaient de son corps à foison,
Faisant glisser son ventre sur l’eau la fluxion.

Je dominais à mon tour, furieusement en vie,
Cet orphelin de mer, arrogant à l’envi,
Qui, me laissant jouir de cette brève embellie,
toisera, vivement, nos corps ensevelis.

Grégory Roose. 2 mai 2020. 0h50.

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