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Non, Napoléon ne s’est jamais converti à l’Islam

Napoléon est-il devenu musulman, comme le prétendent certaines théories islamiques ? La légende Napoléonienne ne cesse de nourrir de multiples fantasmes et autres théories du complot. Il s’écrit en moyenne un livre par jour sur Napoléon depuis sa disparition le 5 mai 1821 à Longwood, sur l’île de Sainte-Hélène, à l’âge de 51 ans.

Son existence est une source d’inspiration dont on pourrait croire qu’elle se tarit à mesure qu’elle est exploitée. Pourtant, il demeure des questions en suspens qui n’ont fait l’objet que d’une maigre et partisane littérature : sa relation avec l’Islam.

Mis à part les dizaines de déclarations, parfois explicites, de Napoléon sur l’Islam et le travail de Christian Cherfils qui affirme dans son ouvrage Bonaparte et l’islam (1914) que l’adhésion de Napoléon à l’Islam est un fait historique rapporté par la presse de l’époque, l’absence de sources explicites et indiscutables sur sa prétendue conversion à l’Islam ne permet pas d’affirmer que l’Empereur des Français était devenu musulman.

C’est évidemment Dans ce contexte de flou historique que de nombreuses affirmations sont diffusées, le plus souvent à fins de propagande, dans les réseaux islamiques ou catholiques sur les relations qu’entretenait Napoléon 1er avec la religion comme l’attestent ces articles : « Le Code Civil français de Napoléon fortement inspiré par la Charia », « Napoléon Bonaparte s’était converti à l’Islam  », « La conversion de Napoléon Bonaparte  », etc .

Le général Bonaparte avec son état-major en Égypte-Jean Léon Gérôme-gregory-roose-chroniques-remplacisme-global-grand-remplacement
Le général Bonaparte avec son état-major en Égypte – Jean Léon Gérôme

Son exil à Saint-Hélène a notamment été pour l’Empereur déchu l’occasion d’exprimer sa vision sur de nombreux sujets, dont la religion. Que pensait-il de l’Islam ?

Il apparait qu’il portait un regard bienveillant sur cette religion, telle qu’il l’a vu pratiquée. Ainsi écrivit-il « L’Islam est la vraie religion. […] j’espère que le moment ne tardera pas où l’Islam prédominera dans le monde. ».[1] A l’aune des méfaits de l’Islam sur la civilisation occidentale et de sa vitesse de propagation, cette citation ne manque pas de glacer le sang de la part de cet homme qui contribua à la grandeur de la France et de l’Europe, aujourd’hui menacée, entre autres, par les effets néfastes de cette religion.

Dans le même journal qu’il a dicté au Général Gouraud, Napoléon confie « j’aime mieux la religion de Mahomet. Elle est moins ridicule que la nôtre »[2]. Contrairement à ce que cette déclaration pourrait laisser entendre, cette dernière phrase est capitale pour comprendre la relation de Napoléon avec l’Islam.

Dire sa préférence pour une autre religion que la sienne révèle en effet une information déterminante : il confirme (la nôtre) que le catholicisme est sa propre religion tout en s’autorisant une critique indirecte de celle-ci en flattant l’Islam. Cette phrase suffit-elle cependant à affirmer que Napoléon ne s’est jamais converti à l’Islam ?

Napoléon, « islamophile » ou musulman ?

Elle l’eût pu, en dépit de nombreux textes qui attestent de son attrait, en non de sa conversion, pour l’Islam.

Il existe cependant un texte, écrit de sa main, qui pourrait légitimement couper court à toute discussion, s’il n’était toutefois pas analysé dans son contexte historique et eu égard au génie tactique et diplomatique de Napoléon.

Le 17 juillet 1799, lors de la campagne d’Egypte, à quelques jours de la bataille d’Aboukir, Napoléon Bonaparte prononce ce qui ressemble à sa déclaration de foi à l’Islam. : « Il n’y a pas d’autres Dieux que Dieu et Mahomet est son prophète ».

En Islam, l’acte de conversion est en effet très simple. Il suffit de prononcer l’attestation de foi, la shahada, qui se prononce ainsi : « La ilaha illa Allah, Mohammed rasoulou Allah », ce qui signifie « Il n’y a pas de véritable dieu (divinité) à part Dieu (Allah) et Mohammed est Son messager (prophète) ». Si la personne a prononcé la shahada en y croyant sincèrement et en en comprenant bien la signification, elle devient musulmane. 

Les dromadaires de l'armée d'Egypte du général Napoléon -gregory-roose-chroniques-remplacisme-global-grand-remplacement
Les dromadaires de l’armée d’Egypte du général Napoléon

Peut-on dès lors considérer que Napoléon a prononcé la shahada avec sincérité et acceptation de sa portée ? La réponse se trouve dans le contexte de cette déclaration.

Dans son Histoire générale de Napoléon Bonaparte, de sa vie privée et publique, Antoine-Clair Thibaudeau,  écrit en 1827 que « pour diminuer le nombre de ses ennemis, (Bonaparte) se fit précéder par une amnistie en faveur des habitants du Bahyreh[3] et montra de la confiance aux Arabes ». En effet, à quelques jours de ce qui sera sa dernière bataille durant la campagne d’Egypte, Napoléon souhaite éviter que soient renforcées le soutien aux forces ennemies Ottomanes qu’il devra bientôt affronter.

Fort de sa connaissance sur le fonctionnement du monde arabe, il s’adresse donc aux meneurs d’hommes de cette province, introduisant sa déclaration par cette phrase qui avait pour objet de provoquer l’écoute bienveillante et susciter la confiance de ces rebelles à qui il accorde « un pardon général » espérant que « désormais le peuple de la province de Bahyreh (lui) fera sentir, par sa bonne conduite, qu’il est digne de (son) pardon ».

Il ne fait donc aucun doute que la shahada prononcée par napoléon relève d’un stratagème qui ne poursuivait qu’un objectif, celui de contenir toute rébellion.

En l’absence d’autres éléments tangibles permettant d’attester une hypothétique conversion de Napoléon à l’Islam, l’argument précédent ayant été démonté, il est raisonnable d’affirmer que Napoléon Bonaparte ne s’est jamais converti à l’Islam.

 

[1] Correspondance de Napoléon 1er – Journal inédit de Sainte Hélène, de 1815 à 1818 (Gal Baron Gourgaud), Napoléon Bonaparte, éd. Comon et cie, 1847, t. 5, Affaires religieuses, p. 518.

[2] Journal de Sainte-Hélène 1815-1818, Napoléon Bonaparte, éd. Flammarion, 1947, t. 2, partie 28 août 1817, p. 226.

[3] Située entre Alexandrie, le Caire et la branche gauche du Nil. Continue reading « Non, Napoléon ne s’est jamais converti à l’Islam »

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Censure sur Twitter : un article à lire…et à partager !

L’observatoire du journalisme a eu la gentillesse de publier un article sur la censure que j’ai subie par le réseau social Twitter ou j’étais suivi par plus de 38 000 abonnés, quelques jours avant le rachat de Twitter par Elon Musk qui est favorable à davantage de liberté d’expression sur ce réseau :

Grégory Roose est un influenceur politique, actif sur de nombreux comptes sociaux. Il est aussi auteur de nouvelles, comme Train de nuit. Nos lecteurs le connaissent déjà un peu : il avait accordé un entretien à Claude Chollet fin 2020. Nous lui avons posé quelques questions sur la censure dont il vient d’être la cible et sur la façon dont il a réagi.

Chers lecteurs, si vous pouviez lire et partager cet article (notamment sur Twitter), ça m’aiderait beaucoup à atténuer cette censure. Merci beaucoup.

L’article en question : https://www.ojim.fr/censure-twitter-gregory-roose/

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Dans la lumière

Viens avec moi, dans la lumière, là où les mots brûlent et le destin s’effondre. Libère-toi de ce masque qui t’étouffe, te contraint et t’étreint. Tu te meurs, là-bas, de ces noires certitudes qui oppriment ta raison. Leur Vérité est un leurre dont tu refuses le joug qui pourtant te soumet.

Viens avec moi, dans la lumière, parmi les bannis de ton monde haletant qui offre aux Enfers sa croupe tournée vers un ciel vide. Libère-toi du faux qui incarne le vrai, des convenances d’un monde qui n’en a guère plus. Tu es prisonnier du faussel ; il maquille le réel de ses délires obscènes où l’anormal devient loi.

Viens avec moi, dans la lumière, offrir aux amorphes l’arrogance de ta liberté. Ce monde que tu ne reconnais plus ne te reconnait pas. Il sacrifie le beau sur un lit de roses diaphanes, glorifie les sourires assassins, étouffe la grandeur de ses mains d’argile sous le regard vide des vivants de passage.


Viens avec moi, dans la lumière. Nous ne sommes qu’une poignée, mais demain, nous vivrons. 

La galerie des Oubliés

J’ai toujours aimé les brocantes, me perdre dans ces cimetières des souvenirs orphelins. J’y vis un jour un spectacle désolant. Une dizaine de vieux portaits, tout en nuances de gris, disparaissaient sous le poids de quelques revues modernes. Je leur donnais un peu d’air. Une dame coiffée me sourit. Puis, ce fut au tour un jeune soldat, posant, robuste et fier, auprès de sa future veuve. Une famille nombreuse me regarda à son tour fixement à travers le siècle qui nous séparait. Ces photographies étaient sans doute les derniers témoignages de leur vie sur terre, mais plus personne ne semblait s’en souvenir.

Si j’en avais les moyens, j’achèterais une vieille maison bourgeoise. Dans l’une de ses nombreuses pièces, j’y installerais la Galerie des Oubliés, pour leur offrir l’éternité. 

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Le rebond

Un « influenceur » qui perd tous ses abonnés préserve-t-il l’influence qu’on lui prête ? Mon bannissement de Twitter pour crime de lèse-wokisme est un nouveau défi qui s’offre à moi. Je dois trouver un autre vecteur pour partager mes réflexions, mes écrits. Je ne pense pas trouver d’outil aussi viral que ce réseau social, mais il me faut m’adapter à cette nouvelle situation de bannissement virtuel. Un mal pour un bien, sans doute. Les réactions à chaud et les bons mots laisseront place à davantage de réflexions de fond, libérées de la contingence du buzz. J’aime écrire. J’ai de nombreux projets de livres et je dois bien admettre qu’une certaine forme d’addiction aux réseaux sociaux grevait mes capacités de concentration et de prise de recul. Je vais donc écrire davantage de textes. La forme littéraire est celle que j’adopterai en priorité désormais. Elle permet d’aborder des sujets graves et tabous avec légèreté ou profondeur, distance ou gravité, subtilité ou brutalité. Je n’abandonnerai pas pour autant l’écriture d’essai, de recueil ou de journaux, mais ils seront, je pense, secondaires.

Les échanges quotidiens avec mes abonnés vont néanmoins me manquer, pour les plus constructifs d’entre eux. Je songe ainsi à ouvrir la possibilité de commenter les billets publiés sur cette page, si cela vous intéresse, bien entendu.

J’écris pour moi. Je publie pour vous. A bientôt pour de nouveaux partages.