Murs et frontières

Depuis la chute du mur de Berlin, symbole de la défaite d’un totalitarisme assumé contre un autre, camouflé, le progressisme s’évertue à abattre les frontières entre les peuples, à remplacer les nations par des communautés autoproclamées, la famille traditionnelle par des groupes d’individus non-genrés, les peuples autochtones par des diasporas allogènes. Ses fidèles serviteurs nous ont imposé l’abolition des frontières en promettant un monde meilleur fait d’échanges, de fraternité, de licornes et d’arcs-en-ciel. Pourtant, les frontières, contrairement à l’idée qu’en impose la doxa, ne sont que très rarement hermétiques et leur porosité permet de réguler les échanges sans les empêcher, de protéger les peuples qu’elles entourent, de délimiter la terre d’un peuple par rapport à un autre. La frontière est une limite, ce n’est pas un obstacle.

Les frontières disparaissent en même temps que la nécessité de distinguer, de discriminer, de protéger. Et voici que des murs s’élèvent partout où l’ordre a été honni : autour des lieux publics, des écoles, des camps illégaux d’immigrés clandestins et bien sûr, entre les pays. Aux marches de l’Europe passoire, la Pologne rejoint la longue liste des pays menacés par l’immigration sauvage. Elle construit des murs.

Bientôt, nous devrons élever partout des murs par la faute de ceux qui ont abattu les frontières. Nous devrons nous élever face à ceux qui nous ont emmurés dans leurs putrides certitudes. Nous devrons rétablir les frontières pour éviter de nous prendre le mur.