Iel, symbole ultime du nombrilisme égalitariste

Le pronom militant Iel, contraction des pronoms personnels masculin « Il » et féminin « Elle », vient d’être ajouté au célèbre dictionnaire Le Petit Robert, qualifié de « dictionnaire de Gauche » par le Nouvel Observateur dès sa première édition en 1967. Rien d’étonnant, donc, à ce que cet étrange ersatz pronominal y figure.

Iel n’est pas la norme. Il est l’exception, le bizarre, l’aboutissement du nombrilisme, la quintessence de l’absurde, le négationnisme des sexes, une coquetterie des moi,je qui, croupissant dans la pénombre sociale, cherchent un peu de lumière dans cette originalité des plus conformistes.

Pour le grand public, pourtant, ce dictionnaire est le plus populaire, largement diffusé dans les écoles comme dans les foyers. Peu importe l’origine militante de ce gardien autoproclamé de la langue française : il est l’un des nombreux symboles de la victoire culturelle de la gauche soixante-huitarde, ayant réussi à se diffuser massivement dans la population pour qui le pronom Iel pourrait devenir normal dans quelques années. Ainsi, des militants réfractaires à la normalité ont-ils instrumentalisé la souffrance de quelques-uns pour imposer une nouvelle norme, la leur. Si d’aucuns souffrent de leur identité sexuelle, l’avènement d’un pronom imposé à tous est moins de nature à régler leurs difficultés qu’à en créer de nouvelles. Car Iel n’est pas la norme. Il est l’exception, le bizarre, l’aboutissement du nombrilisme, la quintessence de l’absurde, le négationnisme des sexes, une coquetterie de quelques moi,je qui, croupissant dans la pénombre sociale, cherchent un peu de lumière dans cette originalité des plus conformistes.

L’utilisation de Iel a été déployée par des minorités aussi anecdotiques par leur nombre que puissantes de leurs relais médiatico-politiques, imposant ce marqueur de l’humain hybride, ni homme, ni femme, mi-homme, mi-femme, jusque dans les cours d’école, inventant de nouvelles discriminations contre ceux qui en refuseraient l’usage, ou tout simplement ne le comprendraient pas.

Dans ce monde dominé par les minorités, rien ne doit plus être normal, mais tout doit le devenir.