La technique du contre-feu médiatique est très souvent utilisée par le pouvoir pour focaliser l’attention du grand public sur un sujet qui cristallise les tensions, suscite le débat jusqu’à l’enfermer dans des querelles stériles.

A quelles fins ? Eh bien, il permet par exemple de détourner l’attention d’un projet de loi potentiellement liberticide par exemple, tel que celui porté par la députée LREM Laetitia Avia, opportunément nommé « projet de loi contre la Haine en ligne« . C’est donc à cette fin qu’un rapport préconisant la légalisation du cannabis occupe tout l’espace médiatique depuis hier.

La lutte contre la « haine », ce nouveau vocable utilisé à tous les sauces, permet surtout de susciter l’adhésion du plus grand nombre (qui pourrait publiquement se déclarer favorable à la haine ? ) pour faire passer des mesures législatives potentiellement dangereuses pour notre liberté d’expression.

Je ne pourrais que trop conseiller de suivre avec attention le déroulé des débats, ou devrais-je plutôt dire des interventions tant la possibilité d’échange entre la majorité et l’opposition me semble ténue, au Parlement au sujet de ce projet de loi.

Celui-ci prévoyant de très lourdes amendes aux plateformes telles que Facebook ou Twitter suite à la délation d’un contenu « potentiellement haineux », ces dernières seront légitimement tentées d’appliquer le principe de précaution et de supprimer/dénoncer tous les contenus dénoncés comme étant « haineux » mais pourtant parfaitement autorisés par la loi.

Ce genre de dérive, provoqué par la loi, pourrait permettre de réduire substantiellement la capacité des contres-pouvoirs, des opposants politiques à exprimer librement leurs idées sur les réseaux sociaux dont on sait qu’ils sont un puissant vecteur de diffusion de l’information.