La première atteinte à la liberté de presse, à l’indépendance du secteur de la presse et à la déontologie des journalistes n’est-elle pas précisément le montant élevé des aides à la presse, s’interroge Marc Dussort dans Contrepoints

L’analyse des dernières données disponibles sur les aides publiques distribuées à la presse écrite nous apporte un classement des titres les plus subventionnés par le pouvoir politique.

 

Bien que très coûteuses, un rapport de la Cour des comptes, daté de 2013, remet en cause leur efficacité. Cependant, de nombreux titres de presses seraient contraints de mettre la clef sous la porte sans ces subventions qui peuvent atteindre plusieurs millions d’euros par journal. En 2017, le montant total des aides de l’Etat attribuées à la presse écrite s’élevait entre 580 millions d’euros et 1,8 milliard d’euros – une fourchette importante justifiée par une « définition large » des aides à la presse.

Instaurées en France dès la fin du XVIIIe siècle pour « encourager la libre communication des pensées entre les citoyens », les aides de l’Etat à la presse n’étaient destinées qu’aux publications d’intérêt général. Ces dépenses publiques profitent désormais aux groupes puissants, sans que leur contribution au débat démocratique saute aux yeux, rappelait le Monde diplomatique en 2014, et posant un problème déontologique de l’indépendance des médias.