Mois : mai 2018

Les migrants sont des héros. Nos héros sont dénigrants

La Nation a besoin de héros, ingrédient nécessaire au ciment national. Ainsi, les médias pourraient choisir de ne faire aucune distinction, dans le traitement de l’information, entre un héros Noir, immigré clandestin (ou pas) et un héros Blanc, français.

Mais non, les medias cristallisent les tensions, déjà patentes dans la société française, par des différences de traitement médiatiques manifestes en racialisant les débats, en opposant français et immigré, blanc et basané.

Un héros français a-t-il moins de mérite qu’un héros clandestin ?

Depuis qu’ils ont lancé Mamoudou Gassama sur orbite médiatique en quelques heures après avoir péniblement accordé l’aumône à Marin ce héros (trop ?) français, les médias cherchent frénétiquement de nouveaux héros « clandestins », délaissant les braves oeuvrant dans l’ombre. Les médias veulent-ils nous faire admettre, de manière subliminale, les nombreux bienfaits supposés de l’immigration de masse ? Le dernier exemple en date semble en effet vouloir illustrer que les migrants seraient des héros venus sauvés la France.

Et cette frénésie ne s’arrête plus depuis l’affaire Mamoudou Gassama, ce jeune Malien à qui l’on a offert la nationalité française pour son acte de bravoure (sic). Les médias se sont empressés de surfer sur cette vague en mettant en valeur de nombreuses personnes de nationalité étrangère qui se sont récemment illustrées par leur courage. C’est le cas de Aymen, ce « héros » tunisien qui n’est soudainement plus menacé d’expulsion, de Mohssen Oukassi, cet autre tunisien sans-papiers qui avait sauvé ses voisins d’un incendie à Aubervilliers ou encore celui de Nizar Hasnaoui, également sans-papiers tunisien qui avait sauvé de la noyade quatre personnes coincées dans une voiture lors d’une inondation sur la Côte d’Azur en 2015.

Il n’est pas question ici de remettre en cause le courage de ces personnes, ni d’ailleurs de revenir sur les véritables zones d’ombre qui entourent le sauvetage par Mamoudou d’un enfant de 4 ans prétendument tombé de 2 étages et qui se serait maintenu à une balustrade, supportant ainsi 10 fois son propre poids, avec ses poignées chétives. 

Ce dont il est question, c’est de dénoncer le traitement médiatique qui se nourrit d’auto-racisme, du culte du migrant dont de nombreux médias appelleraient à la béatification s’ils n’étaient pas aussi laicards et, surtout, de l’inégalité manifeste de traitement, voire de manipulation médiatique dont ils usent.

Nos migrants sont des héros

Mamoudou Gassama est l’auteur du « sauvetage » spectaculaire (et surréaliste) d’un enfant. Quelle aubaine ! Les politiques et les médias s’en emparent pour user d’amalgames en faveur de ce « sans-papiers » qui sera reçu illico par le Président de la République française et naturalisé.

Cette quasi-vénération, ce nouveau culte du migrant imposé par la caste médiatio-politique ne supporte aucune critique. Mamoudou est un héros. Les migrants sont des héros.

Dire l’inverse est raciste et voici que le piège se referme : il est interdit de dire qu’il existe un lien entre criminalité, insécurité et immigration. Mais il est fortement suggéré d’admettre, matraquage audiovisuel aidant, que beaucoup de migrants sont des héros qui ont violé nos frontières pour une noble raison : sauver la France !

Pour la caste médiatico-politique, le migrant courageux semble incarner l’Homme nouveau, ce surhomme d’essence divine dont il faut suivre l’exemple. Selon ce prisme intellectuel, à quoi bon valoriser nos héros français ?

Nos héros sont dénigrants

Dès lors, nous sommes autorisés à penser que, pour les medias, mettre en valeur le « mâle blanc » participerait du racisme latent, d’un affront pour ces populations issues de l’immigration ou allogènes.

Les medias s’acharnent à opposer notre société en la racialisant, tout en clamant que les races n’existent pas. Pis, ils choient ces populations de leur paternalisme condescendant qui les enferme pourtant dans leur condition « racisée », pour reprendre ce néologisme abject que la gauche antiraciste utilise à tout va, renforçant de fait leur sentiment de victimisation permanente et éminemment discutable .

Dans la grille de lecture de la caste politico-médiatique, le « héros commun », « commun » étant utilisé au sens de « banal », est Français, au prénom français si ce n’est franchouillard, souvent blanc et de culture chrétienne. Valoriser son acte de bravoure serait donc stigmatisant pour une partie de la population qui ne répond pas à ces critères : cela les renverrait davantage à leur condition de victime sociétale, au rejet permanent qu’elle endure, au racisme qu’elle supporte et à la discrimination permanente qu’elle subit.

Telle est la vision fantasmée des médias qui se rendraient coupable de valoriser le « héros commun », selon sa propre grille de lecture. Combien a-t-il fallu de mobilisations et d’appels sur les réseaux sociaux pour que la presse nationale daigne enfin parler de Marin, cet étudiant de 20 ans tombé dans le coma en 2016 après avoir été tabassé par un groupe des jeunes raclures pour avoir pris la défense d’un couple qui s’embrassait ? Beaucoup trop. Marin a fini par recevoir quelques honneurs publics, mais au prix de quels efforts ? Faut-il donc quémander pour bénéficier de l’égalité de traitement médiatique ?

Diviser pour convaincre, opposer pour imposer

Cette stratégie clivante est perdante. Les politiques et les medias doivent faire preuve davantage d’équité dans le traitement de l’information, prendre du recul et de la hauteur par rapport aux fait divers clivants au risque de nourrir le sentiment de frustration et l’injustice dans un société française en recherche d’apaisement.

Le droit à l’oubli pour Bertrand Cantat ?

La justice a de nouveau ouvert l’enquête sur la mort de son ex-femme, Krisztina Rady, qui s’est suicidée en janvier 2010. Le chanteur est soupçonné d’être l’auteur de violences physiques et de pressions psychologiques sur celle qui l’avait pourtant soutenu lors de son procès après la mort de l’actrice Marie Trintignant, tombée sous ses coups en juillet 2003.

Cette nouvelle affaire met en lumière le débat autour du droit à l’oubli pour Bertrand Cantat, régulièrement opposé à son devoir de décence envers les femmes victimes de violences conjugales.

Pour avoir « accidentellement » fracassé le crâne de sa compagne contre un radiateur, Bertrand Cantat a été condamné en mars 2004 à huit ans de prison ferme. Il bénéficiera rapidement d’une liberté conditionnelle et ne sera donc resté que 3 ans sous les verrous.

« Il a payé sa dette, qu’on le laisse tranquille » peut-on lire en commentaire sur les réseaux sociaux.

Si l’on peut admettre qu’il a payé sa dette envers la société pour avoir purgé sa peine, il restera à jamais redevable d’une dette sociétale qui devrait le mettre en retrait définitif de la scène médiatico-culturelle.

Pourtant, Bertrand Cantat est régulièrement invité dans toute la France à chanter, lire, se mettre en scène. Au nom du droit à l’oubli, on invite partout celui que l’on présente comme un écorché vif, comme la victime collatérale de ses propres désordres affectifs semant la mort autour de lui.

Cette posture assez indécente devient dès lors inepte à la lumière des assassinats médiatiques dont sont victimes ceux qui ont eu l’outrecuidance de parler trop fort ou trop mal. Ceux-là sont promis à une interminable traversée du désert, à devenir des parias qu’il est préférable d’éviter pour se protéger d’un sort aussi funeste.

D’aucuns ont récemment été condamnés à la mort médiatique par indignation pour une blague grasse et machiste. D’autres l’ont été sur simple accusation, sans même attendre la tenue d’un procès équitable, pour des (forts) soupçons de goujaterie sexuelle.

Ce qui laisse cependant perplexe, c’est qu’à l’heure du néo-féminisme décomplexé qui voit dans la pilosité abondante et ostentatoire un vecteur de libération de la femme oppressée par le « mâle blanc », la présence régulière de Bertrand Cantat dans diverses manifestations ne rencontre qu’une faible opposition, bien que celle-ci monte en puissance.

Bertrand Cantat, qui a provoqué la mort de sa compagne est maintenant soupçonné d’avoir une responsabilité dans le suicide de son ex-femme. A-t-il le « droit à l’oubli », de monter sur scène comme si rien ne s’était passé ? Le droit d’être oublié, sans aucun doute. Le droit à l’oubli, assurément pas.

Il a tué une femme de ses mains. Il a peut-être tué une autre femme par ses mots. Ceux qui continuent à inviter cet artiste à des manifestations culturelles sont les prosélytes inconscients d’un machisme meurtrier.

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