De l’enthousiasme

Depuis que j’ai annoncé bouder Twitter, si l’occasion m’en était donnée sur le long terme, j’ai reçu plusieurs propositions d’entretien. J’y vois un heureux hasard, au-delà de l’évidente concomitance avec la sortie de mon dernier livre, Journal d’un Remplacé, qui me conforte dans l’idée que Twitter est devenu une perte de temps pour qui ambitionne de produire des contenus de qualité. The Conservative Enthusiast, tenu par un très sympathique gars du Nord, a eu la gentillesse de me retourner la politesse de l’invitation à converser prochainement sur Youtube. Daniel Conversano m’a proposé une rencontre, dont j’ai accepté le principe avec plaisir. L’Institut de Formation Politique (Paris) m’a convié à présenter mon dernier livre devant leurs étudiants lors d’un direct sur Facebook. Enfin, l’institut Iliade, donc j’apprécie beaucoup le travail, a eu la gentillesse de penser à moi pour une table ronde, devant se tenir à la mi-août, sur le thème de la guerre culturelle. Tout un programme. Ces entretiens me donneront certainement l’occasion de faire connaître mon travail à des personnes qui ne le connaissent pas (et elles sont nombreuses), en espérant les convaincre et participer à les armer idéologiquement face à la pandémie progressiste dans laquelle nous baignons.

Ce jeudi avait commencé sous de bons auspices, apportant son lot d’idées et de projets qu’il me siérait de porter et de voir aboutir. Je suis victime d’une boulimie créative qui me fait passer d’un projet à un autre, laissant peu de temps à leur réalisation. Il me faudrait cesser cette dispersion stérile. J’y travaille, mais c’est difficile de renoncer au rêve. Une alerte TikTok, réseau assez divertissant malgré son lot quotidien de bouses visuelles, me proposa d’écouter un chant traditionnel ukrainien magnifiquement interprété par une бабушка et sa petite-fille à la voix d’ange. Toutes deux vêtues d’une tenue traditionnelle, elles scandaient a cappella leur fierté d’être ukrainienne. Leurs voix cristallines résonnaient à travers les âges, se faisant l’écho de ceux qui ne sont plus et de ceux qui adviendront, dans la fierté de leur identité. Ce pur moment de transcendance, partagé avec ma descendance ébahie par tant de beautés, fut interrompu par l’appel d’un vendeur de volets roulants à l’accent maghrébin.

J’ai pensé à ce duo enchanteur toute la matinée, jaloux de n’avoir plus, ou presque plus, vécu de tels moments de fraternité identitaire depuis des lustres. Notre peuple, dont le monde entier jalousait jadis l’identité et la culture, a succombé aux sirènes de l’américanisation, puis de la standardisation. La nature de l’homme ayant horreur du vide, le voici tenté de répondre aux sirènes de l’identité islamique, forte, robuste, intemporelle bien qu’éminemment létale pour ce que nous sommes. Nous devrions porter à nouveau fièrement, taillés au goût du jour, nos vêtements traditionnels régionaux, chanter au cours des réunions de familles, le verre à la main, nommer nos enfants par des prénoms exclusivement français,… Il y a tant que chose à remettre en ordre. Nous avons oublié ce que nous sommes. Il nous faudra renouer avec nos traditions effacées avant d’y ajouter de nouvelles pierres, pour ne pas mourir de l’anonymat des peuples subjugués.