Papacito et Daniel Conversano ne portent pas les mêmes messages, mais j’ai été très étonné d’apprendre que le premier entendait empêcher le second de les porter. Dans une vidéo publiée hier sur les réseaux sociaux, Daniel Conversano, pour qui j’ai de l’estime, s’est plaint preuve à l’appui d’être empêché par Papacito, qui m’a toujours fait rire dans le sens noble du terme, d’être invité par des médias où ce dernier l’a précédé avec d’ailleurs beaucoup de succès (Valeurs actuelles et Livre Noir notamment- NDLA).

Cette attitude très particulière, qui ressort certes d’un échange privé, a été dévoilée et ne peut plus être ignorée. Pour ma part, je n’ajouterai pas de la tension à une situation qui en regorge déjà, ne souhaitant pas participer à ma modeste échelle à une énième division entre les pro et les anti, estimant par ailleurs être étranger à ces dissensions. Pour autant, je ne peux ignorer que l’attitude de Papacito est particulièrement exécrable et indigne d’un partisan ostentatoire de l’union des droites.

J’ai découvert Papacito au début des années 2010 alors qu’il venait de lancer le très divertissant Tumblr FDP de la Mode. J’ai versé assez de larmes de rire pour lui en être éternellement reconnaissant, sa légendaire inspiration lui permettant d’enchaîner des punchlines sur des kilomètres de texte. J’attendais chacun de ses nouveaux billets avec beaucoup d’impatience. Pour autant, j’ai rapidement décelé chez le personnage quelques ambiguïtés idéologiques, sans qu’elles ne me gênassent tout à fait. Je savourais ses écrits pour ce qu’ils étaient : un divertissement de droite, subtil et bourrin à la fois, égayant mes tristes pérégrinations dans les territoires occupés de la banlieue parisienne. C’est par ailleurs Papacito qui m’a fait découvrir Marsault par l’intermédiaire de ses billets, talentueux dessinateur que j’ai soutenu à ses débuts difficiles, alors exclu de toutes les plateformes de financement participatif, puis des réseaux sociaux, mais qui n’a jamais souhaité répondre à mes tentatives de prise de contact. Dommage.

Papacito et Marsault ont un talent indéniable et sont utiles à la diffusion de certaines de nos idées, mais nous ne pouvons être d’accord sur tout. Je continuerai à m’amuser, parfois, avec le même détachement, des pitreries de Papacito, mais je ne financerai plus ses productions, trop peu constructives à mon goût. Le travail de Daniel Conversano relève d’une autre dimension, inscrite dans la terre et dans le sang. Je ne l’ai rencontré qu’une seule fois, mais cela m’a suffi pour comprendre qu’il avait le sens de la parole prononcée et de l’honneur. La parole d’un homme est sa plus grande richesse.

Dans cette affaire, Papacito me semble avoir manqué d’honneur. Cela en décevra plus d’un. Je pense pourtant qu’il ne faut pas nourrir davantage les dissensions dans nos rangs, si épars soient-ils, qui n’en manquent pas. Une fois les comptes réglés, une fois l’affront lavé ou levé, il conviendra de passer à autre chose. Nous avons le devoir de poursuivre un seul et unique objectif : la libération de nos terres de l’Occupant, allogène comme Davocrate. Le temps joue contre nous. Et dans cette bataille que nous devons mener ensemble, Daniel Conversano s’impose comme un combattant de premier plan.

5 commentaires

  1. Excellent, bravo !

  2. Je découvre l’existence de cette dissension depuis quelques post de personnes tiers, sans en connaitre exactement les termes car je n’ai pas vu ni lu ce que Papacito a bien pu dire. Je la regrette mais ne me risque pas au moindre
    commentaire, j’aimerai surtout avoir l’info originelle, et non les commentaires, même si le vôtre Greg, me semble on ne peut plus sain.

  3. Je pense que c’est la bonne attitude.

  4. @jevomislamodo Bô Chenapan

    C’est toujours un plaisir de te lire Grégory.
    Nous n’avons plus beaucoup l’occasion de nous parler ces derniers temps, via Twitter. Sans doute que les algorithmes en ont décidé ainsi. Je ne sais pas comment cela fonctionne mais je croise, au hasard de mes tweets, certains comptes avec qui je devise volontiers et qui disparaissent subitement de ce que je pourrais appeler « ma team ». C’est le cas avec toi.
    J’ai fermé mon compte quelques jours car il me faut régler certains problèmes personnels qui ne me donnent guère d’inspiration pour tweeter. Mon second degré m’échappe en ce moment.
    Mon compte Twitter a pris une ampleur démesurée depuis quelques semaines. Même si je n’ai pas un nombre d’abonnés gigantesque, certains de mes tweets sont devenus viraux. Comme celui de « Toulouse-sur-Californie » dont la vidéo a été vue plus de 310 000 fois. Le Maire de Toulouse s’est dit très choqué par ce tweet et un quotidien local a parlé de cette vidéo comme de l’exemple parfait de ce qu’est la fachosphère. Je n’en ai que faire. Ces mots utilisés à tort et à travers me passent au-dessus. Ce sont des poncifs éculés.
    En ce moment, je connais un certain succès grâce au hashtag #BoycottCinemaFrancais 😉
    Je dézingue à la rafale ce petit monde de l’entre-soi hors sol qui veut nous apprendre que ce qu’est la vie. Pas avec moi hein.

    Voilà quelques news du plat pays.

    Fais-tu encore des vidéos sur YouTube ? Je ne reçois plus de notifications te concernant.

    En tout cas, bravo pour ta prose toujours aussi dentelée, ciselée et très agréable à lire. Je t’avais dit qu’il y avait un peu de Mauriac dans ta plume. Mais j’y vois aussi du Thomas Hardy dans la précision de tes pensées.

    N’oublie pas que si tu passes à Bruxelles (en famille ou pas), ma maison est tienne, le temps de visiter cette ville progressiste et décadente où l’ombre de l’Europe règne partout.

    Je te souhaite mille bonnes choses et à très bientôt sur Twitter, lorsque je rouvrirai mon compte, ou ailleurs.

    A bientôt l’ami,

    Baudouin de Pompignan

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