Au sommet d’une colline résistait un vieux chêne
Encerclé par une armée d’ombres minérales
Qui rongeaient le feuillage, par leur essence humaine,
De cet arbre rémanent d’une verte cathédrale.

Ses racines étouffaient sous des flaques de bitume,
Et ses branches soutenaient fragilement le ciel gris
D’où s’écoulaient tranquillement des flots d’amertume
Flétrissant son écorce désormais rabougrie.

Il régnerait encore jusqu’au prochain printemps
Sur un carré de verdure que de jeunes habitants
Fréquentaient le dimanche sous des yeux assistants.

Quand la sève jaillira de la terre engourdie
Le vieux chêne goûtera à l’infâme tragédie
Des hommes qui, le tuant, prétendraient l’aimer tant.

poèmes-le vieux chene nature gregory roose