Voici un nouvel exemple de campagne publicitaire de prévention qui utilise de manière très décomplexée l’inversion du réel.

Cette image présente une scène dans laquelle des incivilités sont commises. Elle est produite et diffusée par les transports public montpelliérains depuis mars 2017.

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L’affiche représente un homme blanc en costume, la trentaine, qui gêne son voisin en écoutant de la musique bien trop fort, sans se soucier de la nuisance qu’il provoque. Son voisin, représentant un jeune issu de l’immigration africaine, semble faire la moue, visiblement agacé par les incivilités commises par son voisin.

Tous différents, bien ensemble

J’ai pris le métro pendant 5 ans en région parisienne. Je n’ai jamais été témoin de ce genre de situation fortement suggérée par l’affiche et culpabilisante. J’imagine qu’à Montpellier, les choses ne se passent pas différemment.

Par contre, j’ai vécu à de nombreuses reprises des scènes d’incivilités répondant à une situation parfaitement opposée que ne suggère pas cette image, par inversion du réel. La réalité ressemble davantage et ce que montre les photos ci-dessous, prises lors d’incivilités, d’agressions bien réelles, qu’il ne semble pas de bon ton de dénoncer.

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Pour ne pas « stigmatiser », les pouvoirs publics ne se contentent plus de taire le réel. Ils l’inversent, contraignant les voyageurs à une méthode Coué collective, provoquant soit l’agacement, soit la satisfaction d’avoir « cassé les codes », « tordu le cou aux idées reçues », « fait la chasse aux amalgames »;

En effet, ce qui est irrésistible pour les uns est insupportables pour les autres.