La définition du mot écologie doit nous aider à retrouver sa signification profonde pour mieux parler de la Nature et de ses enjeux dans le cadre d’un conservatisme vert.

Construit des mots grec oîkos (« maison, habitat ») et lógos (« discours »), la signification originelle du mot écologie, « l’étude de la maison », est finalement assez proche du concept d’oikophilie de Roger Scruton, qui signifie « amour du foyer », dont l’écologie s’est allègrement éloignée après des décennies de dérive idéologique progressiste.

Il ne s’agit donc pas, pour les conservateurs, de réinventer ni de s’accaparer l’écologie, mais du lui rendre son acception première : atteindre une situation d’équilibre, d’homéostasie entre l’homme et son cadre naturel. Il faut entendre deux acceptions au terme « Naturel » ; cela concerne, d’une part, tout ce qui est directement issu de la Nature, du monde physique, et d’autre part, tout ce qui est conforme à l’ordre normal des choses, au bon sens, à la raison, à la logique.

Comment engager cette appropriation culturelle et politique de l’écologie ?

Toute guerre idéologique commence par la bataille des mots. L’écologie était une science (celle de l’habitat), c’est devenu une revendication politique de gauche. Paradoxalement, l’appropriation de la thématique « écologie » ne pourra être gagnée qu’en renonçant à employer ce mot ainsi que l’arsenal lexical qui lui sert de marqueur idéologique: bio, éco-conception, agriculture raisonnée, éco-responsabilité, etc. Le conservatisme vert doit inventer son propre champ lexical, sans pour autant commettre l’erreur de sombrer dans le même jargon technocratique et « marketé ». Ces mots  existent déjà et ne demandent qu’à être ravivés, dépoussiérés. Parmi eux s’en trouve un d’une puissante charge émotionnelle et sémantique : le mot nature. Qui parle encore de nature autrement que pour évoquer ses vacances près d’un gîte 5 étoiles avec piscine ? On retrouve pourtant dans le mot nature tout ce à quoi aspire l’écologie, et bien davantage.

Il ne saurait être question d’un simple « verdissement » de la doctrine conservatrice : l’écologie doit se placer au cœur de sa pensée

Grégory Roose

Le défi majeur du conservatisme vert sera de construire un nouveau corpus idéologique tourné vers l’action, capable de convaincre et de rassembler en renonçant, dans sa posture, à la peur et à l’angoisse agitées en permanence par le progressisme pour répandre son écologie punitive. Par-dessus tout, il devra œuvrer à l’épanouissement des individus et à l’émancipation des peuples, troquer l’écologie de la peur contre celle de l’espoir.

Il ne saurait être question d’un simple « verdissement » de la doctrine conservatrice : l’écologie doit se placer au cœur de la pensée conservatrice, devenir son fil d’Ariane. Tout est écologie, tout peut être rapporté à la nature, à sa conservation, qu’il s’agisse de produire, de construire, d’échanger, de se déplacer, du maintien de l’ordre naturel des choses ou encore à la préservation du déterminisme naturel, selon lequel l’occupation du sol par les sociétés humaines découle de lois naturelles, et doit donc également s’opposer au phénomène d’immigration massive.