Depuis quelques jours déjà, mon application Facebook faisait anormalement vibrer mon téléphone portable de ces notifications impétueuses et autoritaires qui ne présagent rien de bon…

Il ne s’agissait ni de « j’aime », ni de « partage » d’un quelconque influenceur qui eut rendu virale l’une de mes publications, mais d’un message, puis d’autres, m’avertissant que j’avais enfreint les « standards de la communauté » Facebook. Foutu mot que celui de « communauté ». Ce réseau social n’est rien d’autre qu’un outil, au demeurant très pratique, permettant de partager avec d’autres humains, le plus souvent connus de loin ou de très loin, des informations autour d’un centre d’intérêt commun. De quoi s’agissait-il ? A vrai dire, toujours de la même chose. D’abord une suppression, puis deux puis trois…de la même publication qui appelait poliment et simplement à signer une pétition en faveur de Tommy Robinson, militant anglais condamné à de la prison ferme pour avoir filmé « illégalement » les accusés d’un gang de violeurs pakistanais de petites filles blanches.

J’ai eu beau lire et relire cette publication, je n’y ai honnêtement rien trouvé de légalement ou moralement répréhensible.publication censure facebook arbitraire impossible recours appel

Si la plainte fut difficile, la complainte me fut fatale

J’ai promptement, je le confesse, agit pour remédier à cette injustice, l’enjeu étant de taille pour la diffusion de mes articles, Facebook apportant 70% de ma visibilité totale. La possibilité de recours est bien mince et rudimentaire, le réseau social n’apportant aucune possibilité de la commenter. Quelques minutes après l’annonce de cette première censure de trois jours, je rédige un article sur Adoxa afin de prévenir mes lecteurs de cette censure que j’estime abusive et non fondée. L’article est rapidement lu et partagé sur le réseau social Twitter. Il n’aura cependant fallu que 15 minutes, un hasard sans doute, pour que me soit notifié un ultime message m’informant, sans aucune explication, de la désactivation de mon compte, autrement dit, de la censure de mon compte personnel ainsi que des pages Facebook qui y sont exclusivement liées. Des heures de travail parties en fumée sans aucun motif valable, jusqu’à preuve du contraire.

Deux solutions s’offrent à moi: dépenser du temps et de l’énergie à retrouver mes droits de publication sur Facebook…ou décider de ne rien faire sinon de me libérer de cette contrainte quotidienne, de cette servilité addictive qui rogne du temps disponible que je ne consacre pas à l’écriture

A l’heure où j’écris ces lignes, je ne dispose donc plus ni de compte Facebook, ni de page pour diffuser les informations de mon média, Adoxa.info. En suis-je fortement désappointé ? Oui. Découragé ? Pas le moins du monde.

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Deux solutions s’offrent à moi: dépenser du temps et de l’énergie à retrouver mes droits de publication sur Facebook…ou décider de ne rien faire sinon de me libérer de cette contrainte quotidienne, de cette servilité addictive qui rogne du temps disponible que je ne consacre pas à l’écriture.

C’est un pari sur l’avenir. Écrire mais être moins lu, être lu par beaucoup mais écrire beaucoup moins. La qualité ou la quantité. L’immédiateté ou le temps long.

 

ADDENDUM: après la fermeture, le « shadow banning » !

Depuis que j’ai écris ces lignes, je n’ai plus reçu aucune nouvelle de Facebook, malgré un recours formulé. J’ai néanmoins eu la surprise de découvrir que ma page personnelle, liée à un autre compte Facebook, était toujours active.

Cette surprise (bonne, je n’en suis plus si sûr), fut de courte durée. J’ai en effet découvert que mes publications, si elles étaient bien diffusées, n’étaient presque plus affichées aux autres utilisateurs du réseau social.

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Avant la censure (l’emploi de ce terme me semble idoine) de mon compte et des pages annexées, ma page https://www.facebook.com/roosegregory/, recevait de 30 à 50 000 visites par semaine et l’activité sur mes publications était de l’ordre de 30-50 « j’aime » en moyenne.

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Or, depuis  la « désactivation » autoritaire de mes supports de communication par Facebook, mes publications semblent tomber l’une après l’autre dans le puits sans fond du purgatoire numérique. Personne ne les voit, personne ne réagit.

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Cette curiosité me fait penser que mon compte a subi le « shadow banning ». Cette pratique pouvant se traduire par bannissement furtif, selon Wikipédia,  « consiste au blocage  total ou partiel d’un utilisateur ou du contenu qu’il produit, de telle sorte que celui-ci n’en ait pas conscience » (sic). « Cela se fait en rendant les contributions de l’utilisateur invisibles ou moins visibles auprès des autres membres du service concerné, espérant ainsi que l’absence de réactions va finir par lasser l’utilisateur et amener ce dernier à adapter ses publications, réduire ces dernières, voire carrément quitter la communauté concernée ».