Catégorie : Société

Adrien Perez, mort en héros dans l’indifférence générale. C’était il y a un an.

Il y a un an, jour pour jour, Adrien Perez perdait la vie. Sa bravoure n’aura pas survécu à la lâcheté de son agresseur, pourfendant son corps de plusieurs coups de couteau.

Il était venu fêter ses 26 ans avec des amis dans une discothèque près Grenoble (Isère). Il avait la vie devant lui, l’esprit comblé de projets et un cœur sans doute à prendre. Mais son cœur s’arrêta subitement de battre sous la lame d’une racaille violente pour qui faire la fête signifie gâcher celle des autres.

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Inversion du réel

Voici un nouvel exemple de campagne publicitaire de prévention qui utilise de manière très décomplexée l’inversion du réel.

Cette image présente une scène dans laquelle des incivilités sont commises. Elle est produite et diffusée par les transports public montpelliérains depuis mars 2017.

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Le maillot à deux étoiles, nouveau symbole de la mondialisation sauvage

Les médias français sont quasi unanimes. Les Français devaient se ruer vers ce fameux maillot à deux étoiles comme vers le sésame leur ouvrant la porte de la communauté des vainqueurs. Remède aux contrariétés quotidiennes et aux turpitudes d’une société individualiste, ce maillot est bien davantage qu’une pièce de tissu brodée ; il doit être le symbole d’une réussite collective à laquelle chacun pouvait prétendre. Avachis devant leur écran 48 pouce, n’avaient-ils pas âprement participé à la victoire de cette équipe tant représentative de la France de 2018, ces français à qui l’on vend le mirage d’un pays qui gagne dans l’osmose collective ?

En ce matin du 17 août 2018, jour du lancement commercial du maillot à deux étoiles de l’équipe de France de Football, les français se devaient tous de répondre présent devant les boutiques officielles, comme on se réunissait jadis devant la mairie, sur la place du village pour fêter le souvenir d’une victoire amèrement acquise au prix du sang contre l’ennemi.

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MALAISE : le rappeur Médine, qui appelle à « crucifier les laïcards », en concert au Bataclan

Le rappeur Médine se produira à deux reprises en octobre 2018 au Bataclan, haut lieu de la tragédie meurtrière lors des attentats islamistes de Paris.

Avec cette programmation dans ce lieu très symbolique du terrorisme islamiste, on atteint le comble de l’indécence et de la soumission.

La direction du Bataclan avait reussi l’exploit de refouler des membres du groupe de rock « Eagles of death métal » pour des propos jugés polémiques en 2016.

Doit-on rappeler que c’est ce groupe qui jouait sur scène la nuit de l’attentat du 13 novembre 2015 ? À l’aune de cette première prise de position assez indécente, la programmation du rappeur Médine dans cette salle de spectacle dont on peut d’ailleurs s’étonner que d’aucuns ne puissent encore y prendre quelque plaisir, est scandaleuse. L’artiste est en effet connu pour ses paroles particulièrement violentes, souvent au nom de l’Islam.

Si la liberté d’expression est un droit qui ne doit pas être remis en cause, sa venue au Bataclan est un symbole choquant, un nouveau coup porté à la mémoire des victimes et à leur famille.

Ainsi, comme le rappelle le media RT France, le rappeur Médine avait-il écrit une chanson, « Don’t laïk » (non laïque), peu après la tragédie de Charlie Hebdo en janvier 2015, dans laquelle il tenait des propos extrémistes et agressifs : « Crucifions les laïcards comme à Golgotha », « si j’applique la charia les voleurs pourront plus faire de main courante », « Marianne est une femen tatouée « Fuck God » sur les mamelles », « J’mets des fatwas sur la tête des cons », etc.

Le chanteur rejette d’un revers de main ces accusations en évoquant un pamphlet musical contre les djihadistes, ce qui semble très difficile à accepter au regard de son combat ultra-réactionnaire et communautariste qui transpire dans la majorité de ses textes.

Et comment expliquer, autrement que par l’envie de provoquer ou de jouer sur l’ambiguïté, qu’il arbore fièrement ce t-shirt « Jihad » dont il a fait un business ? Sa chanson « Jihad » auquel ce vêtement fait référence est plutôt pacifiste, mais pour qui ne la connaît pas, ce t-shirt est plus que choquant et agressif.

J’ai lancé une pétition circule sur la plateforme change.org pour demander préfet de police de Paris et au directeur Bataclan d’interdire ce concert ou d’en annuler la programmation dans ce lieu où des dizaines de personnes ont été lâchement assassinées.

Alors que des familles de victimes portent plainte pour non-assistance à personnes en péril, inutile d’ajouter de l’indécence à la douleur qui règne dans ce lieu.

Par respect pour les victimes et leurs familles ainsi que tous ceux qui en France ont souffert, souffrent et souffriront encore du terrorisme islamiste, ces concerts ne peuvent décemment se tenir au Bataclan.

Le droit à l’oubli pour Bertrand Cantat ?

La justice a de nouveau ouvert l’enquête sur la mort de son ex-femme, Krisztina Rady, qui s’est suicidée en janvier 2010. Le chanteur est soupçonné d’être l’auteur de violences physiques et de pressions psychologiques sur celle qui l’avait pourtant soutenu lors de son procès après la mort de l’actrice Marie Trintignant, tombée sous ses coups en juillet 2003.

Cette nouvelle affaire met en lumière le débat autour du droit à l’oubli pour Bertrand Cantat, régulièrement opposé à son devoir de décence envers les femmes victimes de violences conjugales.

Pour avoir « accidentellement » fracassé le crâne de sa compagne contre un radiateur, Bertrand Cantat a été condamné en mars 2004 à huit ans de prison ferme. Il bénéficiera rapidement d’une liberté conditionnelle et ne sera donc resté que 3 ans sous les verrous.

« Il a payé sa dette, qu’on le laisse tranquille » peut-on lire en commentaire sur les réseaux sociaux.

Si l’on peut admettre qu’il a payé sa dette envers la société pour avoir purgé sa peine, il restera à jamais redevable d’une dette sociétale qui devrait le mettre en retrait définitif de la scène médiatico-culturelle.

Pourtant, Bertrand Cantat est régulièrement invité dans toute la France à chanter, lire, se mettre en scène. Au nom du droit à l’oubli, on invite partout celui que l’on présente comme un écorché vif, comme la victime collatérale de ses propres désordres affectifs semant la mort autour de lui.

Cette posture assez indécente devient dès lors inepte à la lumière des assassinats médiatiques dont sont victimes ceux qui ont eu l’outrecuidance de parler trop fort ou trop mal. Ceux-là sont promis à une interminable traversée du désert, à devenir des parias qu’il est préférable d’éviter pour se protéger d’un sort aussi funeste.

D’aucuns ont récemment été condamnés à la mort médiatique par indignation pour une blague grasse et machiste. D’autres l’ont été sur simple accusation, sans même attendre la tenue d’un procès équitable, pour des (forts) soupçons de goujaterie sexuelle.

Ce qui laisse cependant perplexe, c’est qu’à l’heure du néo-féminisme décomplexé qui voit dans la pilosité abondante et ostentatoire un vecteur de libération de la femme oppressée par le « mâle blanc », la présence régulière de Bertrand Cantat dans diverses manifestations ne rencontre qu’une faible opposition, bien que celle-ci monte en puissance.

Bertrand Cantat, qui a provoqué la mort de sa compagne est maintenant soupçonné d’avoir une responsabilité dans le suicide de son ex-femme. A-t-il le « droit à l’oubli », de monter sur scène comme si rien ne s’était passé ? Le droit d’être oublié, sans aucun doute. Le droit à l’oubli, assurément pas.

Il a tué une femme de ses mains. Il a peut-être tué une autre femme par ses mots. Ceux qui continuent à inviter cet artiste à des manifestations culturelles sont les prosélytes inconscients d’un machisme meurtrier.

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